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ASSOCIATION DES ANCIENS ÉLÈVES

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    ENSCM et Informatique : Les débuts

    Publié par Brigitte RUFFIN le 09 fév. 2014 à 13h19

    Le premier ordinateur de table fut inventé par Olivetti en 1965. Il s'agit de la Programma 101 dont Gérard Bauduin et moi-même avions demandé l'achat en 1967 ou 1968 pour les TP. Les élèves l'appréciaient beaucoup pour tout ce qui demandait des calculs (analyse centésimale, moindres carrés, cinétiques, énergie d'activation). Le programme s'écrivait sur une bande magnétique de la taille d'un marque-page. Cependant, il n'y avait pas d'écran. La décision de créer un club informatique Microtel/ENSCM a été prise en 1980 par Gilbert Renard et moi-même à l'apparition du premier ordinateur francais fabriqué par une filiale des PTT (Microtel). Le "Goupil 1", c'était son nom (doté d'un modem acoustique intégré et de couleur bleue vernie, très kitch) a vite été suivi du "Goupil 2" (orange vif, 1Mhz, 16 Ko) en 1981. Ce dernier fonctionnait aussi mal que son prédécesseur et je me souviens qu'il fallait mettre l'interrupteur sur arrêt pour le mettre en marche ! L'arrivée de la promotion 1981 avec Paul Prébin, Henri Lamiraux, Christian Servière et Patrick Lemoussu a coincidé avec celle du premier ordinateur digne de ce nom, le PET 2001 de Commodore et le Club ASCI fut créé. Ce club a existé jusqu'en 2000 ! Le PET 2001 avait un processeur 6502 qui controllait un écran monochrome (pas de graphique), un clavier, un magnétophone à cassettes, plusieurs ports d'expansion et n'avait que 4 Ko de RAM. Je me souviens combien nous avions été heureux de monter la mémoire à 8 Ko en soudant les 4 Ko sur la carte-mère directement. Le succès du club dû à l'enthousiasme de ses premiers membres a permis quelques années après de mettre en place des enseignements d'informatique à l'Ecole. Cela s'est fait sur des Apple II dans une petite salle dédiée. Cependant les quatre premiers élèves du club avaient été mordus irréversiblement par le virus de l'informatique, domaine dans lequel ils allaient faire carrière.
     
     
    Et je veux me pencher ici sur le cas d'Henri Lamiraux et Paul Prébin. Henri fut d'entrée un programmeur génial et je me souviens de deux jeux, l'un de tir sur des ovnis et le second de poursuite dans un labyrinthe, qui étaient plus rapides et variés que les premiers jeux équivalents créés par les japonais, et pour dans lesquels Henri apporta une contribution majeure. Avec Paul plus intéressé par la généralisation de l'usage de l'informatique, les deux compères ont vu le potentiel d'une machine telle que l'Apple II et Henri réalisait le premier programme commercial de gestion d'un budget familial en 1984. Peu après ils partaient ensemble chez Apple à Silicon Valley où ils ont fait une très belle carrière. Actuellement, Paul travaille encore chez Apple dans "l'état-major" et Henri, qui avait su obtenir la confiance de Steve Jobs et était alors vice-président de l'ingénierie du système d'exploitation iOS pour lequel il a déposé des brevets, vient de prendre sa retraite après 23 ans de services chez Apple. Son départ est regretté par beaucoup de ses collègues comme vous pourrez le comprendre en vous rendant sur les sites suivants :
            
     
    Henri Lamiraux (1981)
     
      
    Par la suite, des anciens comme Jean-Marc Balzi (1983), Philippe Pingand (1985), Jean Colombel (1989), Alain Ducros (1992), Olivier Barbot (1995) et bien d'autres encore ont animé le club ou ont apporté leur concours efficace au développement de l'informatique à l'Ecole tout d'abord, et ont fait par la suite une carrière liée à l'informatique. De façon intéressante, on observe qu'environ la moitié de ces derniers ont travaillé soit dans des entreprises de l'informatique (Bull, IBM, CDC), soit dans des entreprises comme Merlin-Gérin, Apple, les grands groupes d'assurances, EDF, dans celles de l'industrie électronique ou encore de l'automobile. Dans ces domaines éloignés de la chimie, ils ont fait de belles carrières. Dautres anciens élèves, comme Philippe Pingand qui, à sa sortie de l'ENSCM, a fait une thèse au LIRMM dans le domaine de l'intelligence artificielle, créaient leur société. Un autre groupe s'est orienté vers tout ce qui touchait aux applications de l'informatique à la chimie : développement de la gestion de stock ou de logiciels de gestion documentaire (bibliothèques, chimie réactionnelle, programmation du fonctionnement de réacteurs dans l'industrie chimique et du contrôle de procédés, le plus souvent dans l'industrie pharmaceutique.

    Les besoins du commerce et de l'industrie à partir du milieu des années 80 a permis cette nouvelle ouverture pour des ingénieurs venant d'horizon divers et nos étudiants ont su saisir cette opportunité. S'il y a un enseignement à retirer de ce petit récit, c'est que les diplômés de l'ENSCM sont de véritables ingénieurs polyvalents malgré leur couleur dominante "chimiste" et qu'ils ne doivent pas hésiter à se lancer dans des domaines qui les intéressent et qui peuvent les écarter à priori de leur Alma Mater, comme l'aurait dit notre vénérable voisin Rabelais.
     
     
    Note : pressé par le temps, j'ai écrit d'un jet cette note et ne me suis appuyé que sur ma mémoire, faute de pouvoir contacter des anciens à temps. Cela n'est certes pas du bon journalisme et il y a certainement des erreurs et des personnes que j'aurais dû citer et je leur demande de m'en excuser.
    Je compte rédiger un document beaucoup plus précis, exact et complet sur le thème de l'enseignement de l'informatique à l'ENSCM. A cet effet, vous pouvez toutes et tous m'envoyer quelques lignes en me précisant par exemple quels ordinateurs vous utilisiez et en quel année et/ou que faisiez vous comme TP ou projet dans ce domaine ? Merci par avance.

    Dan Lerner (1964)
    dan.lerner@enscm.fr