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ASSOCIATION DES ANCIENS ÉLÈVES

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    ENSCMien-ne à la une : Benoît FLORIN (1998)

    Publié par Brigitte RUFFIN le 21 fév. 2026 à 18h23

    Rien n’était écrit à l’avance : oser, apprendre, construire son parcours à l’international


    Bonjour à toutes et tous,

     

    Tout d’abord, j’espère que cette année se déroule comme vous le souhaitez.

    C’est avec grand plaisir que je vous partage mon parcours depuis mes années à l’ENSCM, promotion 98.

     

    Seinomarin d’origine, j’ai fait le choix d’intégrer l’ENSCM pour son ouverture internationale. Au début de ma deuxième année, l’école a décidé de tisser ses liens avec l’Asie. Quelle chance ! Je tiens encore aujourd’hui à remercier les responsables de l’époque d’avoir eu le flair de proposer cette opportunité, très nouvelle à l’époque, à celles et ceux qui rêvaient d’un exotisme assumé.

     

    Me voilà donc à Singapour pour effectuer un master de chimie organique en guise de troisième année d’école. J’y ai passé l’essentiel de mon temps universitaire dans un laboratoire de recherche. Cette année singapourienne, et plus largement cette immersion en Asie du Sud-Est, a été un véritable accélérateur de croissance personnelle. À l’époque, je ne mesurais pas encore l’impact que cette décision aurait sur la suite de mon parcours. Puis, avec le recul, j’ai réalisé que ce premier pas hors des sentiers battus a été un apprentissage de la confiance en soi, un élément déterminant pour un jeune diplômé.

     

    Diplômes en poche, j’ai décroché un poste d’ingénieur fabrication chez SNF pour participer au lancement de leur premier site chinois de production de floculants destinés au traitement de l’eau. Après deux années particulièrement formatrices en France, en 2011, à 27 ans c’est le grand départ pour la Chine. Je me retrouvais alors à démarrer des ateliers de production aux côtés de collègues français et chinois. Je mis également en route le laboratoire de contrôle qualité du site, tout en assurant la gestion du planning ordonnancement des commandes clients, ainsi que le recrutement et la formation du personnel local. Tout cela faisait beaucoup mais quelle école ! Ce travail était aussi passionnant que stressant, compte tenu de mon âge à l'époque et de mon niveau d'expérience, dans un environnement très rural d’une petite ville chinoise. Avec peu d’expérience et beaucoup de responsabilités, j’ai alors compris que l’on apprend en faisant, une leçon que je n’aurais jamais pu tirer ailleurs que sur le terrain. Ces six années m’ont révélé des forces insoupçonnées : j’y ai développé une solide résilience et acquis le sang-froid nécessaire à la gestion de situations complexes. L’univers de la production industrielle, avec ses exigences de performance et de résultats immédiats, où l’engagement individuel et collectif, l’esprit d’équipe, ainsi que la réactivité sont essentiels, s’est révélé extrêmement enrichissant.

     

    Après ces années très opérationnelles sur le terrain, j’ai ressenti le besoin d’élargir mon champ de compétences managériales en rejoignant Rhodia en 2007, à Shanghai où j’ai occupé le poste de responsable d’une usine de production de plastiques techniques, principalement des polyamides (site devenu ensuite Solvay, puis BASF). J’ai pu m’appuyer sur de nombreux processus et outils globaux, variés et structurants, à utiliser dans la gestion de mes responsabilités. Mon esprit organisé s’y est rapidement senti à l’aise. Cette expérience, très différente de celle vécue chez SNF, s’est révélée tout aussi enrichissante.

    Quitter cet environnement deux années plus tard fut un choix difficile. Le sentiment de stabilité et celui d’être «au bon endroit» à Shanghai m’étaient devenus familiers. J’avais toutefois conscience que m’ouvrir à de nouveaux horizons me permettrait de continuer à apprendre professionnellement et à progresser personnellement. Le simple fait de devoir reconstruire son réseau et son mode de vie constitue, en soi, une formidable source de développement.

     

    J’ai ainsi entamé un nouveau chapitre de ma vie en 2009, en rejoignant la société suisse Vestergaard. Il s’agit d’une entreprise humanitaire privée qui développe, produit et fournit des solutions textiles de lutte antivectorielle, telles que les moustiquaires insecticides à longue durée d’action destinées à la lutte contre le paludisme. La mission est claire?: contribuer à l’amélioration de la santé publique, principalement dans les pays d’Afrique subsaharienne.

    Tout au long de ce parcours, basé au Vietnam mais à forte envergure internationale, j’ai occupé différents rôles de direction technique, achats et supply chain. Ces fonctions m’ont permis d’acquérir une compréhension globale et transverse des enjeux liés à notre secteur d’activité dans la santé publique. L’ensemble de ces expériences m’a naturellement conduit à la fonction globale de directeur des opérations que j’exerce aujourd’hui.

    Dans ce rôle, je suis notamment en charge de l’élaboration des budgets et du pilotage des activités opérationnelles techniques, supply chain, achats et logistiques, dont l’optimisation des performances au travers d’une équipe multidisciplinaire. Je me concentre fortement sur le développement et la mise en œuvre de stratégies opérationnelles à long terme, incluant la transformation de notre industrie par l’innovation technologique, la digitalisation et l’IA. Aussi, je travaille sur le transfert technologique vers un site de production nigérian, dans le but de fabriquer une partie de nos volumes au plus près des utilisateurs finaux, un enjeu de développement stratégique primordial.

    J’évolue ainsi dans un secteur de niche, à la croisée de la chimie, du textile et de la bio-efficacité. Mon attachement à la chimie reste fort, notamment à travers des projets de développement de nouveaux produits et des échanges stimulants avec mes collègues scientifiques basés aux États-Unis et en Europe. J’ai également la chance de compter, au sein de mon équipe vietnamienne talentueuse, un ingénieur formulation diplômé de l’ENSCMu, une perle rare.

    L’herbe n’est pas plus verte ailleurs… Dix sept ans au Vietnam, je suis toujours émerveillé par ce pays multifacette aux diversités géographique, culturelle et culinaire exceptionnelles. Chaque jour, je réalise la chance que j'ai de travailler dans un environnement où l'engagement, la positivité et la détermination des vietnamiens à agir, progresser et partager sont une force motrice.

     

    Si je devais m’adresser au jeune étudiant que j’étais à l’ENSCM, je lui dirais que rien n’était écrit à l’avance. Je n’avais pas de vision précise, seulement l’envie d’oser sortir de ma zone de confort et de saisir les opportunités lorsqu’elles se présentaient. Étudier en Asie n’était pas prévu, mais cette décision a été déterminante. Près de trente ans plus tard, je mesure combien cette chance, que j’ai su saisir, a marqué le point de départ d’une aventure professionnelle et humaine riche, dans un environnement international dont la diversité et l’impact concret, tel sur la santé publique, demeurent pour moi une source profonde de motivation.

     

    Bien à vous,

    Benoît Florin (1998)